INTERVENTION D'HERVE LE BEC A LA REUNION DU 24 MAI 2000
Puisque le courrier de Jean-Yves Philippe évoque d'emblée l'attentat de Quévert, j'y viens à mon tour sans plus attendre.
Comme beaucoup, j'ai été choqué et attristé par la mort tragique de la jeune Laurence Turbec dans des circonstances qui restent à élucider. Je rappelle que je suis l'un des premiers en Bretagne à m'être exprimé à ce sujet par voie de presse en condamnant cet acte quels qu'en soient le ou les auteurs. Je vous renvoie à la lecture du quotidien Le Monde daté du 21 avril qui reprend des extraits de la conversation que j'ai eue avec un journaliste de la rédaction.
Aussi ai-je été scandalisé par les termes de ce courrier qui insinue que je pourrais, directement ou indirectement, être lié à cet acte.
Ce procédé bien connu de l'amalgame nous ramène aux heures sombres de l'Inquisition, de la chasse aux sorcières ou du maccarthysme aux États-Unis. Ces propos sont inacceptables et indignes d'un responsable associatif.
Non, Jean- Yves, tu n'as pas le monopole du cœur
Non, Jean- Yves, tu n'as pas le droit de te servir de la mort d'une jeune femme pour redorer une image personnelle.
Après 16 années, au cours desquelles je n'ai pas ménagé mes efforts pour RKB, j'estime avoir droit à d'autres égards que d'être criminalisé de la sorte.
Après consultation de mon avocat, je t'indique que le maintien de ces propos m'amènerait à en tirer les conséquences qui s'imposent sur le plan juridique afin de faire valoir mes intérêts par toute voie de droit eu égard à leur caractère diffamatoire.
Soucieux des intérêts de la radio, je ne souhaite pas en arriver là. Puisses-tu te ressaisir et te dispenser à l'avenir de te laisser aller à de telles déclarations qui entachent la crédibilité de notre radio.
Radio Kreiz Breizh s'est toujours défendue de toute attache politique, philosophique ou religieuse. Elle a toujours été ouverte à tous quelles que soient leurs appartenances ou leurs opinions. Cette neutralité est connue et reconnue par toutes les personnes de bonne foi.
L'adoption ce soir, d'une position remettant en cause cette neutralité serait contraire aux statuts de l'association qui la régit. En tout état~de cause, elle ne pourrait être validée qu'après consultation de l'ensemble des adhérents lors d'une Assemblée Générale extraordinaire.
J'ajoute que le fait de proposer, ce soir, une motion aux salariés constitue un moyen de pression intolérable et contraire au droit du travail. En conséquence, même en accord avec les termes de cette motion, je me refuse à y apposer ma signature.