Gérard Bernard et Kafka

 

    En tant que parent isolé, Gérard Bernard percevait une allocation de la Caisse d'allocations familiales du Morbihan, constituant l'essentiel de ses revenus. Depuis sa détention, son jeune fils vit chez ses grands parents maternels en attendant le retour de son père. Au bout de quelques mois, la CAF a suspendu le versement de l'allocation, sous prétexte que le jeune garçon n'est plus à la charge de son père. Le grand-père a voulu parlementer avec les allocations familiales, mais il n'a pas pu : cette administration estime en effet que Gérard Bernard dépend désormais des services sociaux de l'Essonne. où il est détenu.

    Conséquence de la suspension de l'allocation: Gérard Bernard ne pourra plus payer le loyer de son logement à Lorient. S'il perd son logement, il n'a plus aucune chance d'être remis en liberté puisque l'une des conditions essentielles est la nécessité d'un domicile fixe. En outre, sans logement, il risque de perdre la garde de son fils.

    Aucune solution ? Bien sûr que si. Comme tout inculpé en détention provisoire, Gérard Bernard pourrait parfaitement être remis en liberté sous contrôle judiciaire jusqu'à son éventuel procès. Mais les juges anti-terroristes sont tellement au dessus de ces basses préoccupations...

Breizh Info - mercredi 25 octobre 2000