Gérard Bernard perd ses droits sociaux

 

    Le prisonnier politique breton Gérard Bernard, en détention provisoire depuis plusieurs mois, se trouve dans une situation absurde vis-à-vis de ses droits familiaux, mais une absurdité qui risque de porter un grave préjudice non seulement à lui mais à son jeune fils de six ans qu’il élève seul.

    En tant que parent isolé, Gérard Bernard percevait une allocation substantielle de la part de la Caisse d’allocations familiales du Finistère, constituant l’essentiel de ses revenus. Depuis sa détention, son jeune fils vit chez ses grands parents maternels en attendant le retour de son père. Au bout de quelques mois, la CAF a suspendu le versement de l’allocation mensuelle, sous prétexte que le jeune garçon n’est plus à la charge de son père, mais de ses grands-parents. Le grand-père a voulu parlementer avec les allocations familiales, mais il n’a pas pu : cette administration estime en effet que le lieu de domicile de Gérard Bernard étant la prison, il dépend désormais des services sociaux de l’Essonne.

    Conséquence directe de la suspension de l’allocation : Gérard Bernard ne pourra plus payer le loyer du logement qu’il partage avec son fils à Lorient. S’il perd son logement, il n’a plus aucune chance d’être remis en liberté puisque l’une des conditions essentielles est, précisément, la nécessité d’un domicile fixe. En outre, sans logement, il risque de perdre la garde de son fils.

    Personne n’y peut rien ? Bien sûr que si. Comme tout inculpé présumé innocent, mis en détention provisoire, Gérard Bernard pourrait parfaitement être remis en liberté sous contrôle judiciaire jusqu’à son éventuel procès. C’est le cas de plusieurs de ses coinculpés qui, à notre connaissance, n’ont pas profité de cette mesure pour prendre le maquis ou commettre des délits. Cela lui permettrait de retrouver son fils, qui, psychologiquement, vit très mal cette séparation, de s’en occuper normalement et de conserver son logement et ses revenus. Mais les juges antiterroristes sont tellement au dessus de ces basses préoccupations !

Breizh Info - mercredi 25 octobre 2000