Lorient, le 04 février 2000        

 

à Monsieur Louis MERMAZ        

   Député de l'Isère        

   

 

 

            Monsieur le Député,

 

            Je me permets d’attirer votre attention sur le contenu du courrier que je viens de recevoir de Monsieur Gérard BERNARD, détenu à Fleury-Mérogis depuis le 13 novembre dernier dans l’affaire dite du « vol d’explosifs de Plévin, Côtes-d’Armor », le 28 septembre dernier.

            J’attire votre attention sur le fait que le « prétoire » (sorte de tribunal interne à la prison), et le « mitard » (cachot) ne me semblent pas conformes à la Convention Européenne de Sauvegarde des Libertés Fondamentales (dite aussi « Convention Européenne des Droits de l’Homme ») pour les motifs suivants :

1-     l’administration pénitentiaire est à la fois juge et partie ;

2-     le comparant ne peut se faire assister d’un défenseur ;

3-     la sanction n’est pas susceptible d’appel ;

4-     les conditions de détention au « mitard » rentrent dans la catégorie des « traitements inhumains et dégradants », selon les normes de la Convention.

 

Par ailleurs une personne de mes relations, s’étant présentée au greffe de la Maison d’Arrêt pour y laisser un Code Pénal et un Code de Procédure Pénale à l’intention de Monsieur BERNARD, a essuyé un refus catégorique.

Je vous remercie de l’attention que vous prêterez à ce courrier et je vous prie de croire, Monsieur le Député, à ma très haute considération et à mon profond respect.

Claude LE DUIGOU


Réponse de Monsieur Louis MERMAZ du 22 février 2000

 

    Monsieur,

 

    Votre courrier des écrits de M. Bernard (détenu à la prison de Fleury-Mérogis), que vous joignez à votre lettre, montre que la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la situation matérielle des établissements est particulièrement justifiée.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Louis MERMAZ