Deux militants d’Emgann virés d’une radio associative

 

    Il y a des décisions courageuses qu’il faut se résigner à prendre. C’est ce que vient de faire la radio associative Canal B, basée à Bruz et émettant dans le pays de Rennes, en flanquant dehors deux des trois animateurs bénévoles de la seule émission en langue bretonne (partiellement traduite en français), Kan ar Saout. Motif : ces deux affreux, Solen Georgeault et Fabris Leroy, sont membres d’Emgann.

    Depuis trois ans et demi qu’ils assuraient cette émission, ce militantisme (qu’ils s’interdisaient de faire transparaître sur les ondes) ne semblait pas déranger les responsables de Canal B : « Avant que l’émission ne soit acceptée dans les grilles de la radio », explique Fabris Leroy, « il a fallu passer un test. Normal. Mais là où ça ne va pas, c’est que sous prétexte que l’émission se faisait en breton, il a fallu nous soumettre à un interrogatoire sévère. On nous a demandé notre positionnement idéologique et politique. Nous sommes les seuls à avoir subi cela parmi tous les adhérents de la radio ».

    Malgré cela, tout va bien, l’émission marche bien : « Nous n’avons jamais eu la moindre remontrance, tout le monde était d’accord pour dire que nous faisions du bon boulot ».

    Arrive l’attentat de Quévert, l’arrestation de Solenn Georgeault qui interrompt Kan ar Saout. Au retour de Solenn, l’émission est à nouveau programmée pour la rentrée. Puis, stupeur, le conseil d’administration s’oppose à cette reprise à cause de l’appartenance des deux animateurs à Emgann. Ils sont reçus par le CA, qui décide leur réintégration. Mais deux semaines plus tard, c’est l’assemblée générale qui vote leur expulsion.

    Voici le numéro de téléphone de Canal B pour que tous ceux qui le souhaitent puissent lui présenter leurs félicitations : 02 99 52 77 66. Bien entendu, nous ne doutons pas que Canal B aura le courage de rendre au Conseil régional la subvention de 15 000 F reçue pour aide à la langue bretonne…

Breizh Info, mercredi 25 octobre 2000


Voir également la pétition